Ah l Inde!
Grand debat avant de partir avec Francois qui voulait y rester des mois alors que je ne voulais meme pas y aller...
Ma premiere impression en franchissant la frontiere s est assez vite confirmee. Comment dire? C est comme un barbeuq de fin d ete. Apero servi... Tranquile??? NON!
Vous ne pouvez pas profiter du repas car vous etes tout le temps attaque par des moustiques! Et comme le dit timsit: " ici les moustiques, ils te piquent pas, ils t empalent!"
En Inde, il faut se battre pour tout. Les rickshaws, les rabatteurs, les marchands, les chauffeurs de taxi, les pauvres.... Une pomme coute 2 roupies, ils veulent te la vendre 80! Tu veux marcher dans un rue, t as 50 gars en taxi ou rick-shows qui veulent t amener: "Non merci, c est bon..." "non vraiment merci"... "OK, c est pas cher mais on veut pas..." "Vraiment, c est bon...".
Des fois, tu craques, tu montes dans un de ces "mobilettes 3 places" apres d apres negociations... Le probleme, c est que l indien, il veut t amener chez son frere, son cousin... en fait n importe ou sauf la ou tu voulais aller! Ou alors... c est plus cher! Et il faut hausser le ton, renegocier...
Un peu roublard ces indiens, ils nous voient arriver de loin, nous les petits riches blancs... Eh oui, car malgre nos fringues crades et "odorentes", en Inde, tu parais quand meme riche! En 50 m a Vanarasi, j ai vu plus de mendiants, eclopes, lepreux, diformes qu en 29 ans ! Et ouais, apres, c est plus dur d apprecier son petit barbeuq...
Ajoutez la polution de Delhi qui donne l impression de baigner en continue dans une brume matinale et vous comprendrez qu au bout de quelques jours, les moustiques indiens, on a une forte envie de les eclater contre un mur!!!
Et puis, petit a petit, on s y fait. Je ne sais pas si on s habitue a la pauvrete ou si je me sarkosise ( "Et puis merde,je vote a droite" cf les Fatals Picards!!!) mais c est vrai qu on s habitue!!
On trace dans les rues, on n hesite pas a rembaler tous les indiens qui t abordent avec leur " my friend, where do you come from...? Et c est la, quand tu commences a etre legerement de droite (un peu hautain et dedaigneux!) que tu fais des vraies rencontres... Tu demandes ton chemin et ils t invitent genereusement a boire un the et meme a manger chez eux! Par trois fois, on a accepte de les suivre et meme de monter sur leur moto (un peu flippant vu le respect tres relatif du code de la route) pour se rendre a leur domicile. Quand tu arrives chez eux, "guests are god", "les invites sont des dieux", ils sont fiers de te presenter a la famille, curieux de connaitre ton mode de vie ( mode commissariat: noms, prenoms, nombre de freres et soeurs, salaire, professions des parents... tout y passe!).
En fait, apres un temps d adaptation et avec une bonne moustiquaire ( pour timsit!), on arrive a profiter du pays, on depasse le premier abord tres irritant et on tombe sous le charme indien...
Ses couleurs chatoyantes. Ses odeurs epicees. Sa nourriture tres relevee. Ses plages de sable. Ses temples. Shiva. Bismou. Ses rituels religieux tellement etranges pour des occidentaux (cremations et lavements qui se touchent dans le Ganje). Ses regards troublants. Ses yeux implorants. Ses bras et jambes mutiles. Ses klaxons. Ses vaches sacrees. Et meme un peu de gastronomie francaise a Pondicherry ...
L Inde. Pays paradoxal ou le pire cotoie le meilleur. "Nothing is impossible" aiment repeter ses habitants... Un peu comme une piqure de moustique marque la peau, c est cette ambiance, cette atmosphere si particulieres qui resteront gravees dans ma memoire... |